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Pascal Zavaro a le goût pour une musique pulsée, des déhanchements dynamiques, une énergie contagieuse qui ne cache pas ses descendances, depuis les minimalistes américains jusqu’au rock. Mais le paysage d’influences dont le compositeur se nourrit est large, des madrigalistes à Strawinski en passant par Bach et Bartok. Zavaro puise la force expressive de sa musique dans une pensée harmonique clairement affirmée, mettant entre parenthèses, sans pour autant les méconnaître, les errements du post-sérialisme et son impuissance à traduire autre chose que « le gris, le noir, la peur et l’angoisse » (Messiaen). La musique de Zavaro peut s’expliquer, mais elle se ressent surtout, tactile et battante : amour des danses (boogie, mambo…) prééminence du rythme, avec ce quelque chose d’acide dans les harmonies qui défilent et d’énervé dans les mélodies ; des tensions, des zébrures, des décalages effervescents, des emballements soudain mis à mal par une mélodie errante, surgie d’un coin d’ombre.

Le rapport du compositeur à son instrument explique peut-être sa veine créatrice : avant d’être compositeur, Zavaro a été percussionniste. Singulier parcourt que celui de ce quadragénaire, initié à la musique non par voie traditionnelle, mais par un groupe de rock formé dans l’enfance. « J’ai appris à lire la musique tout seul, j’ai joué de la batterie, de la guitare grâce à des méthodes car je ne voulais absolument pas être au conservatoire. La musique faisait partie de mon jardin secret et n’avait rien à voir avec l’école. » Avec quelques disques à la maison, Zavaro grandit dans un milieu de plasticiens. Il admire son père Albert, peintre, professeur à l’école des Beaux-Arts, et tire de ses tableaux le sens de la composition, de la couleur, de la rythmique, tissant d’intimes correspondances entre peinture et son. Au terme d’études au CNSM et d’expériences multiples au sein de grands orchestres, il découvre, à Tokyo, les percussions japonaises, pratique assidûment le marimba-dont il devient un virtuose- puis vite, l’interprète laisse éclore le créateur.Des affinités picturales cristallisées durant l’enfance et l’adolescence resurgissent aujourd’hui, implicitement ou non, et structurent ses opus.

Il dit aimer dans sa musique « entendre le bruit du monde » , s’intéresser « aux choses polyphoniques, exprimant une sorte de chaos par moments, et à d’autres un apaisement. Des moments d’intense confusion, puis des échappées paradisiaques. »

Jeremie Rousseau

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Pascal Zavaro likes music with a beat, dynamic music that makes you sway your hips, an infectious energy that does not hide his descent, from the American minimalist to rock. But the range of influences on which the composer feeds is broad, from the madrigalists to Stravinsky, by way of Bach and Bartok. Zavaro draws the expressive force of his music from clearly-affirmed harmonic thinking, putting brackets-without, for all that, misjudging- the erring ways of post-serialism and its powerlessness to express anything but « grey, black, fear and anguish » (Messiaen ). Zavaro’s music can be explained but, above all, it is felt, tactile and beating : the love of dances (boogie, mambo…), the pre-eminence of rythm, with something acidic in the harmonies filing past, something edgy in the melodies ; tensions, streaks, effervescent gaps, flights of enthusiasm suddenly harmed by an errant melody, looming up from a patch of shadow.

The relationship of the composer to his instrument perhaps explain his creative vein, for the career of this forty-year-old is remarkable. Before being a composer, Zavaro was a percussionist, initiated into music not in the traditional manner but by a rock group formed during his childhood. « I learned to read music all by myself ; I played drums and guitar thanks to tutors because I absolutely did not want to go to the conservatory. Music was a part of my secret garden and had nothing to do with school. » With a few records at home, Zavaro grew up in a background of visual artists. He admired his father Albert, a painter and professor at the Beaux-Arts, and drew from his canvases the sense of composition, colour and rythm, weaving intimate relations between painting and sound. At the end of his studies at the Paris Conservatoire, and following a host of experiences with leading orchestras, he discovered Japanese percussion instruments in Tokyo, assiduously played the marimba, becoming a virtuoso on it. And then the performer quickly let the creator be born. Pictorial affinities, crystallized during childhood and adolescence, then arose, implicity or not, giving structure to his work. Today he says he likes « hearing the noise of the world » in his music, taking an interest « in polyphonic things, expressing a sort of chaos at certain times and, at others, a relief or appeasement. Moments of intense confusion, followed by heavenly vistas »

Jeremie Rousseau / John Tyler Tuttle